Qu’est-ce que tu racontes : 5 manières de répondre

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« Qu’est-ce que tu racontes ? » a toujours été une question à laquelle j’ai eu du mal à répondre.

Je ne savais jamais quel sujet choisir (quand j’en trouvais), et surtout ça m’énervait qu’on me pose cette question, car ça me mettait tout le poids de la conversation sur les épaules.

Dans l’article d’aujourd’hui, je vais vous montrer 5 manières de répondre à la question « qu’est-ce que tu racontes ? », ou « quoi de beau ? » ou encore « quoi de neuf ? ».

Bordel, qu’est-ce que je déteste cette question !

J’imagine que c’est la même chose pour vous.

J’ai essayé d’éviter cette question en donnant des réponses bateaux, j’ai essayé de faire comprendre à mes interlocuteurs que ça m’embêtait de leur répondre, mais chaque fois on me repose cette satanée question.

Savez-vous pourquoi je déteste cette question ?

Quand on me la pose, c’est comme si l’on me disait : « Vas-y toi, je ne sais pas quoi dire, débrouille-toi pour construire une conversation ».

Pourquoi ça serait à moi de devoir construire la conversation ? Si tu veux me parler, réfléchis d’abord à des sujets de conversation. Ne mets pas ce poids sur mes épaules. Merci !

Malheureusement, je ne peux pas leur répondre ça. Ça me ferait passer pour une personne insociable et très fermée d’esprit. Cependant, j’ai tout de même besoin d’avoir du contact humain et de voir mes amis et ma famille.

En plus, cette question est très vague. Est-ce que je dois parler du dernier film que j’ai regardé, est-ce que je dois parler de ce qui est arrivé dans ma vie dernièrement, ou est-ce que je dois parler du plat que j’ai cuisiné et raté à six heures du matin ?

Si vous avez cliqué sur cet article, vous avez sûrement les mêmes difficultés que moi par rapport à cette question. Malgré toutes vos tentatives, en vous pose toujours cette question, et vous ne savez jamais quoi répondre.

Je vais donc vous donner 5 manières de répondre à la question « qu’est-ce que tu racontes ? » afin que vous sachiez toujours quoi faire quand vous vous retrouvez dans ce cas de figure. Ce n’est pas facile, mais on va y arriver !

Je vais vous expliquer comment ne plus perdre d’énergie à la fin de cet article quand vous vous retrouvez dans cette situation, mais tout d’abord voyons quelles sont les 4 autres manières de répondre à cette question.

1 – Essuyez-vous les pieds sur la phrase « pas grand chose »

Vous vous doutez sûrement déjà du but de la question « qu’est-ce que tu racontes ? ». C’est tout simplement de construire une conversation. Malheureusement quand on vous la pose, c’est à vous de faire le travail.

Je vais utiliser une image tout au long de cet article pour vous imager la structure d’une conversation. Cette image, c’est celle d’une patate.

Quand votre interlocuteur vous pose la question « qu’est-ce que tu racontes ? », c’est comme s’il avait une patate bouillante dans les mains, et qu’il vous la lançait.

Maintenant que vous l’avez entre les mains, vous avez deux solutions :

  • Soit c’est trop chaud pour vous, et vous laissez tomber la patate au sol avec un beau « rien de spécial, qu’en est-il pour toi ? ». Ce n’est pas très cool, parce que votre interlocuteur a créé un début de nourriture, mais maintenant ce n’est plus comestible à cause de vous.
  • Soit vous tentez tous les deux de la garder. Pour ça, il faut refroidir cette patate en la gardant aussi longtemps que vous pouvez dans vos mains, et en la renvoyant à votre interlocuteur quand vous ne pouvez plus supporter sa chaleur.

Je pense qu’actuellement vous préférez la première solution. Je dois avouer que c’était à moi aussi ma solution préférée. Je pensais qu’avec le temps, on allait arrêter de me poser cette question si j’étais tout le temps évasif. Ce ne fut pas le cas, alors j’ai dû trouver des solutions pour m’adapter.

J’en ai personnellement trouvé deux.

La première, c’est qu’au lieu de répondre « rien de spécial, parle-moi plutôt de toi », je vais répondre : « ça me fait plaisir de te voir, mais commençons par toi, quoi de neuf ? ». On vous a lancé la patate bouillante, et au lieu de la laisser tomber au sol, vous la renvoyez directement.

C’est déjà un peu mieux.

La seconde, si vous voulez répondre autre chose que ce que je vous ai proposé ci-dessus, c’est d’utiliser les techniques que je vais vous expliquer par la suite de cet article. Ça permettra de garder la patate un peu plus longtemps, et donc de la refroidir, mais toujours la renvoyant à son interlocuteur quand on a fini de parler.

2 – Soyez aussi précis qu’un sniper pour anticiper cette question sans valeur

Avez-vous remarqué que les personnes qui vous posent la question « qu’est-ce que tu racontes ? » sont quasiment toujours les mêmes ?

À partir de ce constat, essayer d’identifier quelles sont les personnes qui sont susceptibles de toujours vous poser cette question. Pour ma part, il s’agit très souvent de mon grand-père ou de quelques amis qui ne savent jamais quoi dire quand on se retrouve.

Ainsi, je peux me préparer à chaque fois que je vais à leur rencontre. Pas de panique, je vais vous expliquer comment préparer pour répondre à cette question dans la suite de cet article.

Mais avant, essayez vraiment identifier ces personnes. Est-ce qu’il s’agit la plupart du temps de personnes que vous ne connaissez pas, de membres de votre famille, de vos amis proches, ou lointains, ou est-ce que c’est encore un autre type de personne ou plusieurs types de personnes à la fois ?

Personnellement, quand je rencontre des personnes que je ne connais pas, on ne me pose pas souvent la question « qu’est-ce que tu racontes ? ». On me pose plutôt des questions du genre « tu fais quoi dans la vie ? ». C’est un autre type de questions auquel on peut s’entraîner à répondre. Mais concentrons-nous sur celle de cet article.

Je peux donc noter dans un carnet réel ou virtuel (comme Evernote) qui sont les personnes qui n’arrêteront jamais de me poser cette question. Comme je vous l’ai dit, il s’agit pour moi de mon grand-père, et un ami auquel je pense en particulier. Bien sûr, ce sont les premières personnes auxquelles je pense, d’autres pourront s’ajouter au fur et à mesure.

Faites cet exercice, et vous allez voir qu’il sera facile pour vous d’anticiper ce que vous devez répondre à cette question en fonction des personnes que vous avez identifiées.

3 – Faites vos bilans trimestriels aussi bien qu’un expert-comptable

Cette question, c’est vraiment une question piège pour les introvertis. De quoi devez-vous parler ? De votre travail ? De votre vie de famille ? Du dernier livre que vous avez lu ? Déjà qu’on a du mal à s’exprimer sur un sujet précis quand on n’a pas eu le temps d’y réfléchir, alors s’exprimer sur un sujet qu’on n’a pas choisi sans préparation est encore plus difficile.

Heureusement, je vais vous révéler comment vous pouvez répondre correctement à la question « qu’est-ce que tu racontes ? ». Effectivement, cette question est là pour démarrer une conversation. Cela dit, à mon sens, ce n’est pas son seul but.

L’autre objectif de cette question, c’est de parler de vous. Quand on vous pose la question « qu’est-ce que tu racontes ? », on vous demande en fait « qu’est-ce qu’il t’est arrivé depuis la dernière fois qu’on s’est vu et quelles sont les émotions que tu as ressenties ? ».

Vous voyez, c’est déjà beaucoup plus précis. Vous pouvez donc écarter tous les sujets qui ne parlent pas de vous. Alors oui, je sais, ce n’est pas facile pour introvertis de parler de soi. Mais comme vous savez déjà de quoi parler quand on vous pose cette question, il est plus facile de vous y préparer.

C’est pour cela que je vous conseille de faire vos bilans trimestriels aussi bien un expert-comptable. Qu’est-ce que j’entends par là ?

Dans le même carnet où vous avez écrit le nom des personnes qui posent souvent cette question, notez aussi ce que vous pourriez répondre à une personne que vous n’avez pas vue depuis un mois, trois mois, six mois, neuf mois et un an.

Dans mon cas, si je parle avec une personne que je n’ai pas vue depuis un mois et qu’elle me pose cette question, ça pourrait donner : « je ne sais pas si tu es au courant, mais j’ai démissionné il y a peu. Cela a été très difficile pour moi parce que je ne savais pas comment l’annoncer à mon patron, et ma copine a dû supporter mon humeur maussade. Aujourd’hui ça va beaucoup mieux parce que j’ai un tout nouveau projet ».

Après ça, je me tais, et j’attends qu’il prenne la patate chaude dans ces mains.

4 – Mettez des mots concrets sur ce que vous avez ressenti, même si ce n’est pas facile

Je vous ai déjà donné un petit aperçu dans l’exemple ci-dessus. Je n’ai pas seulement dit que j’avais démissionné, mais j’ai aussi exprimé ce que j’ai ressenti pendant cette période de ma vie.

Le but de la question « qu’est-ce que tu racontes ? » est donc de démarrer une conversation, de parler de vous, mais comme je l’ai dit, c’est aussi d’exprimer vos émotions. Pourquoi est-ce que c’est si important ?

Pour le comprendre, imaginez ce que donnerait une conversation qui commence par cette question si vous n’exprimiez pas vos émotions. Pour rappel, quand on pose la question « qu’est-ce que tu racontes ? » on vous pose la question « qu’est-ce qu’il t’est arrivé depuis la dernière fois qu’on s’est vu ? ».

J’aurais pu tout simplement répondre « j’ai démissionné ». À votre avis, que va me répondre mon interlocuteur ? Il va sûrement me répondre « pourquoi ? ». Et ça, c’est une très mauvaise chose. Laissez-moi vous expliquer.

On a vu auparavant que la question « qu’est-ce que tu racontes ? » était en fait une question avec un sujet précis. Connaître cette information nous a rassurés parce qu’on n’a plus l’embarras du choix et l’on a plus de décision à prendre entre les différents sujets qu’il pouvait y avoir : est-ce que vous deviez parler de films, de vous, d’autre chose ? La question ne se pose plus.

Si vous n’exprimez pas vos émotions, votre interlocuteur va chercher à comprendre ce que vous lui racontez. Si vous n’exprimez que des faits, il va chercher à creuser pourquoi vous avez effectué telle action. Sauf que je dois vous rappeler que vous détestez improviser, et vous vous retrouverez dans le même cas de figure que si vous n’aviez pas choisi de sujets précis au départ.

Vous aurez encore l’embarras du choix des sujets, et cela va vous mettre mal à l’aise. Vous allez vous dire que vous n’êtes pas capables d’improviser, de réfléchir comme ça à l’improviste, et donc détester les gens qui posent ce genre de questions.

Exprimer ses émotions permet d’orienter la conversation dans le chemin qu’on souhaite qu’elle prenne. Quand on exprime ses émotions, c’est nous qui dirigeons la conversation. Si vous voulez prendre plaisir à vous exprimer, choisissez vous-même les sujets que vous souhaitez aborder.

Dans votre carnet de notes, vous avez normalement noté les personnes qui vous posent le plus souvent cette question et les sujets de conversation que vous allez avoir avec les personnes que vous n’avez pas vues depuis un mois, trois mois, six mois et un an. En rédigeant ces textes, gardez donc en tête exprimer vos émotions vous facilitera la tâche lors de ces discussions.

5 – Gardez dans vos mains la patate brûlante… mais pas trop !

Vous vous souvenez ? Quand on vous pose la question « qu’est-ce que tu racontes ? », c’est comme si l’on vous lançait une patate bouillante et que vous la rattrapiez avec vos mains. On a vu qu’il ne fallait pas la jeter au sol, mais comment fait-on pour la refroidir ?

Si vous la gardez trop longtemps dans vos mains, vous risquez de vous brûler. Si l’on retranscrit cette métaphore, ça veut dire qu’il faut que vous parliez un minimum de temps pour répondre à cette question, mais pas trop. Sinon, vous allez à nouveau détester qu’on vous pose cette question.

La garder trop longtemps, ça veut dire que vous parlez tellement ou que vous changez de sujet tellement de fois que votre interlocuteur n’arrive pas à vous suivre. Il est alors difficile de construire une conversation, parce qu’il ne sait pas quoi choisir. Vous le mettez dans la même situation dans laquelle vous étiez inconfortables quand vous ne saviez pas répondre à la question « qu’est-ce que tu racontes ? ».

Pour la refroidir, il faut donc que vous la gardiez aussi longtemps que vous le pouvez, et une fois que vous ne pouvez plus supporter la chaleur, renvoyez-la à votre interlocuteur. Et celui-ci devrait faire de même. C’est un jeu qui se joue à deux, pas tout seul. Si votre interlocuteur ne prend pas le temps de la garder dans ses mains, ne risquez pas la brûlure, et coupez court à la conversation.

Savez-vous comment faire pour renvoyer la patate ? C’est plutôt simple. Vous avez deux possibilités.

Soit vous la renvoyez directement avec des questions concrètes du style « et toi ? » soit vous attendez qu’ils vous la reprennent des mains. Aucune des deux solutions n’est à préférer, prenez celle qui vous convient le mieux.

Personnellement, je préfère la seconde méthode parce qu’elle me paraît plus naturelle et moins forcée.

Vous savez maintenant répondre à la question « qu’est-ce que tu racontes ? »

Quand on est introverti, ou qu’on n’aime tout simplement pas répondre à cette question, savoir répondre est tout un art qui s’apprend avec le temps. J’espère qu’avec la métaphore de cette patate chaude, vous réussissez à mieux comprendre comment faire.

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